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Le bras de fer entre les syndicats et le gouvernement sur la question des retraites est une particularité bien française. Le programme économique et social a été énoncé et débattu avec les autres candidats pendant de longues semaines avant l’élection présidentielle de 2007 et a été adopté avec une large majorité par les électeurs.
Le gouvernement a donc la tâche d’appliquer les choix économiques déterminés pendant la campagne .La crise financière qui a frappé le monde a mis exergue l’absolue nécessité d’une mise en œuvre de réformes, incontournables, rapidement.
La retraite en est une, constamment et régulièrement repoussée depuis 30 ans, car difficile et symbolique.
Avec une espérance de vie de 83 ans en moyenne, est-il si inconvenant d’admettre un rallongement de la durée de cotisation ?
Sachant qu’il y a maintien du taux plein ?
Que le niveau de nos retraites est un des plus élevés d’Europe ?
Qu’une mise à plat plus importante encore sera discutée dès 2013, pendant plusieurs années, avec tous les représentants de notre société ?
Cette « habitude » bien française de faire descendre la rue plutôt que de faire comprendre une inéluctable réforme nous donne l’impression que les syndicats jouent sur la masse et non sur la forme. Est-il donc si surprenant qu’un chef de gouvernement et son ministre, dans les règles démocratiques, veuillent mettre en place un projet de loi ?
Est-il si étonnant que le Gouvernement applique son programme électoral ?
Est-il si singulier qu’un ministre fasse ce pour quoi il a été nommé ?
Tout ceci est d’autant plus regrettable que d’autres pays européens ont déjà repoussé l’âge de la retraite.
Sommes nous capables de jugement, de lucidité, de discernement ?
Sommes nous capables de regarder consciemment les avantages et les chances que nous donnent cette réforme ?
Comme nos voisins ?
Les syndicats ne mettent en avant que le corporatisme, l’individualisme de notre société, le glorieux droit acquis.
L’élargissement de cette grève, sur ce thème, aux collégiens (!!!), aux lycéens, à tout secteur social, à la paralysie économique recherchée est néfaste. Elle ne l’est pas seulement à notre économie, qui n’en a vraiment pas besoin, mais aussi aux responsables syndicaux qui en se laissant déborder par la base s’abaissent à un obscurantisme vieillissant, à montrer une France incapable de se réformer dans l’intelligence du dialogue, à détourner nos enfants de leur vrai rôle économique et politique. Plus, cette réforme qui a été votée et sera mise en place, même si tout porte à croire qu’elle sera modifiée dans les années à venir, va mettre à mal le rôle essentiel des syndicats.
Comment, après tous ces excès, faire accepter à ceux qui sont descendus dans la rue, que finalement, oui le recul de l’âge de la retraite est une évidence ?
Que, quel que soit la couleur politique de celui qui propose cette mutation, oui, elle est douloureuse !
Que le temps de la réflexion en profondeur, nécessaire, pour préparer l’avenir doit dominer notre esprit !
Connaissant le rôle essentiel des syndicats dans notre démocratie, ces débordements, cette attente déçue, ne sont pas les moindres des paradoxes de cette réforme.
Je ne suis pas sur que nos élus socialistes et communistes, portes paroles de toute cette agitation prennent le temps de cette réflexion. Pour l’heure, leurs mandats semblent plus dominés par des actions visant à faire la promotion même avec des chiffres fantaisistes des manifestations anti-gouvernementales et à soutenir toute forme de blocage jusqu’au lycée de Clamart.
La Gauche Moderne – Clamart
Avant de prendre position sur les retraites, il faut toujours avoir à l’esprit quelques données brutes sans lesquelles il est impossible de débattre.
L’espérance de vie progresse
En 2009, l’espérance de vie à la naissance était de 84,5 ans pour les femmes, 77,8 ans pour les hommes. L’autre paramètre tout aussi intéressant pour la question des retraites est l’espérance à vie à 60 ans. Elles atteint 27 ans pour les femmes et 22,2 ans pour les hommes, soit respectivement 1,8 ans et 2 ans de plus qu’en 1999. Enfin, l’espérance de vie à 60 ans augmente d’environ 1 an tous les 10 ans.
La fin d’activité
Il existe de grandes disparités sur l’âge du départ à la retraite entre secteur public soit 57,5 ans et le privé soit 61.3 ans. A contrario, ces disparités sont très faibles en ce qui concerne l’âge de cessation d’activité soit 58,8 ans dans le privé et 58,2 ans dans le public.
Que se passe t’il dans les autres pays comparables à la France ?
La tendance générale est de limiter les départs anticipés et de créer des barèmes de pension qui incitent à la prolongation. Pour y arriver, on constate deux stratégies différentes :
Des pays comme l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède ou l’Italie reculent l’âge d’ouverture des droits à la retraite et d’autres comme les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne ou le Canada, allongent les durées de cotisation pour obtenir une pension à taux plein.
Dans les pays les plus « performants » comme le Canada ou le Japon, l’âge moyen de cessation d’activité est parmi les plus élevés, alors que leurs âges d’ouverture des droits sont assez bas.
Dans les pays les moins « performants » comme la France ou la Belgique, l’âge de cessation d’activité est plus bas que celui de l’ouverture des droits, alors que ces derniers sont les plus bas parmi les pays comparables.
Les conditions de réussite des réformes
Les pays qui ont mené leurs réformes de façon progressive et étalée dans le temps ont le mieux réussi à retarder l’âge de la cessation réelle d’activité. Certains pays comme l’Allemagnes ont porté l’âge d’ouverture des droits à la retraite à 67 ans mais ce report commencera par étapes en 2012 et s’échelonnera jusqu’en 2029.
Dans les pays scandinaves, la politique de maintien de l’emploi des seniors dans les entreprises, publiques et privées est effectives depuis plusieurs années. Ces pays se mobilisent en permanence autour de ces emplois, qu’ils considèrent comme un enjeu social de grande importance. Incitations à garder ou à embaucher des travailleurs seniors, modification de gestion des carrières, développement de la formation professionnelle, amélioration des conditions de travail et gestion des ages de travail conduisent au maintien des seniors au travail. Des campagnes sont lancées en direction des salariés pour les inciter à travailler plus longtemps et des labels sont accordés aux entreprises les plus engagées dans l’emploi des seniors.
En France, avant même que le débat ne s’ouvre chaque contre pouvoir se prépare à la riposte. Certains partis de gauche et les syndicats ont décidé d’en faire un sujet d’affrontement idéologique. Dans de telles conditions, on ne peut qu’être pessimiste sur l’avenir de nos réformes des retraites, et donc, sur l’avenir de nos retraites. N’oublions jamais que le chemin le plus court pour liquider définitivement notre système de retraites par répartition, consisterait à ne rien faire. Cette méthode qui permet ainsi de s’assurer une popularité et la paix sociale conduit inéluctablement au système par capitalisation.
Certains élus, notamment à Clamart feraient bien d’y penser plutôt que stimuler les affrontements.
La Gauche Moderne Clamart.
Notre système de protection sociale a contribué à protéger les Français et à leur permettre d’être moins atteints que d’autres par les effets négatifs de la crise mondiale. Pourtant, depuis des années, ce système connaît un déficit qui le met en danger et que nous devons donc impérativement limiter.
2010 va être l’année de la réforme de nos régimes de retraite qui, malgré les mesures déjà prises depuis 2003, sont confrontés à de graves problèmes de financement. Ils vont exiger de prendre des décisions courageuses, si nous voulons maintenir ce système et éviter que le niveau des retraites ne se dégrade dangereusement dans les années à venir…
Cette réforme indispensable devra répondre à quatre exigences :
- consolidation du système par répartition.
- allongement de la durée de cotisation, pour répondre à l’augmentation de l’espérance de vie.
- modulation en fonction de la pénibilité de certains métiers.
- maintien ou amélioration du niveau des « petites retraites.
Les récentes déclarations de Martine Aubry, semblaient traduire une prise en compte de la réalité et de la gravité du sujet, permettraient un relatif consensus entre partis de gouvernement, comme cela a pu être le cas ailleurs en Europe. Malheureusement, le parti socialiste a vite contredit cette attitude positive, pour réaffirmer son refus de toute coopération et son opposition systématique à tout changement. Ces positions dogmatiques sont particulièrement visibles à Clamart, ville administrée par une majorité municipale socialiste et communistes qui agissent uniquement pour le compte de leur partis.
Cela rendra plus difficile la réforme mais ne doit en rien affaiblir la détermination de ceux qui veulent la mener à bien. Il y va de l’intérêt de tous les français.
La Gauche Moderne
Patrice Roncari.


