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La nouvelle version – tant attendue par ses militants – que livre le PS de son programme décevra ceux qui s’attendaient à une nouvelle réflexion en phase avec notre temps.

Le Parti socialiste a fait le tour des demandes des Français telles que les sondages les expriment, c’est à dire selon les questions que des médias ont bien voulu leur poser au fil du temps et de l’actualité, et tente de répondre favorablement au plus grand nombre d’entre elles.
Mais sans méthode clairement affirmée, sans réelle conception du monde dans lequel nous sommes entrés, sans vision d’ensemble sur l’avenir de la France et de l’Europe, sans méthode d’action réaliste, il n’y a qu’une liste de vœux.
l’élément principal qui a fait la faiblesse des programmes de 2002 et 2007 est toujours là : arrivés demain aux affaires de notre pays, ce parti et ses dirigeants seraient parfaitement démunis pour mettre en œuvre les promesses de ce programme parce qu’il n’est pas articulé autour d’une vision réaliste du monde. Ils achèveraient ainsi de discréditer la politique, poussant les plus vulnérables de nos concitoyens, aux extrêmes.

Si on examine les 10 premières des 30 priorités retenues, la faiblesse du dispositif apparaît au grand jour :

1- Création d’une banque publique d’investissement : là on est dans la méconnaissance du monde contemporain. Nicolas Sarkozy a créé le FSI, banque d’investissement et fonds souverain à la française dont les participations s’étendent dans 3000 entreprises, et l’an prochain, grâce à de nouvelles dotations, elles dépasseront les 4000, que ce soient des entreprises de taille internationale comme France Telecom, ou des grandes PME-PMI. Cette banque existe. Le PS veut-il modifier son mode de gestion et avec quelle stratégie ?

2 – Baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 % à 20 % pour les bénéfices réinvestis, hausse à 40 % pour les bénéfices distribués : la mesure ne tient pas, non pas à cause des trop lourds dividendes versés, mais dans le trop lourd coût du travail, grevé de charges que la société toute entière devrait assumer, comme c’est le cas en Allemagne qui a ainsi sur nous un avantage compétitif certain. Elle tient aussi aux rigidités du marché du travail et aux contraintes administratives sans nombre qui pèsent sur les entrepreneurs.

3 – Lancement d’un emprunt européen pour financer les investissements du futur : excellente intention, mais la plupart de nos partenaires y sont hostiles. avons nous une stratégie, une politique pour faire évoluer le lourd fonctionnement actuel de l’Union à 27 ? Pas de réponse…

4 – Création de 300 000 emplois d’avenir pour les jeunes dans les domaines de l’innovation environnementale et sociale : On reconnaît là la marque de fabrique du produit PS – le made in Aubry. On va utiliser l’argent public pour créer artificiellement des emplois. Cela apparaît aventureux, lorsqu’il s’agit de créer de toute pièce des emplois privés. Nul ne perçoit véritablement la pérennité économique de tels emplois, de la façon dont ils sont conçus, c’est à dire avant tout pour faire plaisir aux alliés Verts.

5 – Dissuasion des licenciements boursiers par des pénalités financières aux entreprises qui versent en même temps des dividendes à leurs actionnaires : certes la méthode du « licenciement boursier » est détestable, et immorale, mais ce n’est pas elle qui représente la grande majorité des pertes d’emploi. C’est une goutte d’eau. Faire un programme pour répondre aux attentes du monde du travail, ce n’est pas répondre avant tout aux émotions du 20 heures, mais assurer l’avenir du pays et de sa production.

6 – Augmentation des droits de douanes européens sur les produits non conformes aux règles sociales, sanitaires et environnementales : pourquoi pas… Mais comment seront définies, à 27 ces règles ? Quand on sait la différence qu’il y a dans la protection sociale, entre la France et la Lettonie, l’Italie et la Bulgarie, pour ne prendre que ces exemples… Des années de palabres pour construire de nouvelles réglementations tatillonnes ? Est-ce cela dont l’Europe a besoin pour relancer l’élan de la croissance. N’y a-t-il pas d’accords plus globaux à négocier avec les pays émergents, si nous avons une vision de ce que la France peut faire pour utiliser la mondialisation à l’avantage des peuples, et au sien ?

7 – Affectation à la réduction de la dette par la moitié des marges financières dégagées par la suppression de certaines niches fiscales : La gauche Moderne était partisanne de cette mesure, qui suppose la réduction drastique des niches fiscales. Mais elle n’épuise pas à elle seule le lourd fardeau de la dette de l’État, qui atteint près de 1 600 milliards d’Euro. Cette seule mesure, déconnectée d’une politique globale et placée si haut dans les priorités, apparaît bien mince pour répondre au problème de crédibilité globale qu’ont les gouvernants, pour réaliser les attentes de leurs concitoyens, quand ils se trouvent à la tête d’un état qui a tant de contraintes financières extérieures.

8 – TVA  » éco-modulable « , pour avantager les produits non polluants : encore et toujours une nouvelle réglementation, de nouveaux contrôles, de nouveaux fonctionnaires pour les concevoir, les mettre en œuvre, des procédures complexes, un coût humain et financier lourd, et de nouveaux abandons de recette pour l’État. Pour arriver au même résultat des accords avec les principaux producteurs de l’industrie automobile ne seraient-ils pas plus économiques ? Est-ce une si haute priorité dans les attentes de nos concitoyens ou encore un clin d’œil aux Verts ?

9 – Orientation des achats des collectivités locales vers l’agriculture et la pêche de proximité : C’est idée doit-t-elle être présentée comme une des grandes priorités qui vont redresser la situation du pays ? Ensuite, il faut chiffrer le prix de la mesure et bien l’expliquer au consommateur. Qui va en payer le coût ?

10 – Sortie de la dépendance du pétrole et du nucléaire par un développement massif des économies d’énergies et des énergies renouvelables : on entre là dans le cœur de l’incohérence et de l’inconsistance de la méthode choisie. On lit bien sur qu’il s’agit de faire plaisir aux Verts, encore. On lit aussi qu’il s’agit d’exploiter l’émotion liée aux événements japonais et aux « terribles images du 20 heures ». Mais notre pays ne doit son indépendance énergétique qu’au nucléaire civil. C’est la seule alternative au pétrole, qui permet, en plus de l’indépendance et de la stabilité des prix, de réduire drastiquement les émissions de carbone. On peut sortir du nucléaire, oui mais alors il faut replonger dans le pétrole et le charbon. C’est un choix. C’est une totale régression. L’incurie et l’impéritie qui semblent avoir marqué bien des aspects de la gestion de la sécurité de la centrale japonaise, incitent à un audit de sécurité précise de tout notre appareil de production nucléaire. Le gouvernement l’a lancé. Mais admettons que les conditions qu’a eues à subir la centrale de Fukushima ne sont pas celles de la France, les volcans d’Auvergne ne se sont pas rallumés. Les énergies renouvelables doivent être développées, chaque fois que c’est possible, lorsqu’elles constituent une piste d’avenir, mais sans démagogie. Prenons un exemple parlant, les éoliennes : lorsque le vent s’arrête ou s’atténue, elles doivent avoir un moteur à gaz pour continuer de produire de l’énergie. Ou bien elles s’arrêtent, et doivent être couplées à des centrales électriques à énergie fossile (fioul, charbon ou gaz) pour ne pas mettre en danger le réseau tout entier quand le vent faiblit. Enfin, la destruction des paysages qu’elles occasionnent, si on les généralise, est un péril pour la France, première puissance touristique mondiale.

Ce tour d’horizon de dix premières mesures est éclairant… Des vœux pieux en matière européenne, déconnecté des possibles. Le recours à des réglementations, des contraintes, des contrôles est privilégié sur l’incitation, l’orientation et la création de dynamiques économiques favorables. Sur tous les plans la méthode du « y’a qu’a » est appelée au secours, alors que l’on sait que la mesure proposée n’est pas réalisable,

Au PS, la parité est sur le papier mais pas encore sur le terrain
Si la rénovation au PS passe aussi par la parité, ce parti se garde de préciser le moindre calendrier ou mécanisme pour y parvenir. Par ailleurs, il est loin du compte, avec seulement 22 femmes parmi ses 74 secrétaires nationaux.
Le PS prévoyait il y a quelques mois un système de « bonus/malus » financier pour ses fédérations afin d’affirmer la parité dès les élections cantonales de 2011. Malgré les bonnes intentions, cette mesure n’a pas été appliquée. A la trappe aussi, la demande pour les départements socialistes les plus en retard en matière de parité de corriger leur situation pour ces élections.
Sur le Haut Clamart , les électeurs devront se prononcer en mars 2011 pour le renouvellement du canton. Les résultats prévisibles sur ce scrutin local explique probablement le peu d’intérêt que porte le maire à cette élection. En présentant Juana Altamirano dont l’expérience en tant qu’élue se limite à moins de trois années passées au conseil municipal de Clamart, le maire poursuit avec cette fâcheuse habitude de présenter une femme sur les scrutins les plus périlleux. Ce procédé n’est pas qu’une insulte à la parité, mais affiche aussi un profond mépris pour les électeurs du Haut Clamart qui ne voient dans cette candidature qu’un quota.
Les clamartois sont mal représentés au Conseil Régional par le maire, 15ème vice président de cette assemblée qui vote toutes les subventions pour l’Est parisien et les départements de gauche et oublie sa propre circonscription. Plus que d’autres, les résidents du Haut Clamart ont besoin d’être réellement défendus au Conseil général par un élu compétent. Avec ce scrutin, le maire a pour seule ambition de se mettre à jour avec les quotas dans son parti quitte à présenter une candidate dont l’expérience se limite a de la figuration au conseil municipal et à la gestion d’un secteur qu’elle ne maîtrise pas.
Dans le domaine de la parité comme dans bien d’autres, ce parti n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit.

Patrice Roncari

La Gauche Moderne – Clamart

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