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La CGT et la CFDT ont lancé un appel à la grève reconductible (illimitée pour certaines branches) à partir de mardi 12 octobre.
Lancés dans une démarche politicienne, ces syndicats se confondent parfois avec un vrai parti et en vont de leurs prédictions et analyses politiques. Certains déclare pompeusement que ce Gouvernement qui ignore à ce point un mouvement social se condamne pour les prochaines échéances électorales.
M. Thibault n’est pas élu au suffrage universel contrairement au gouvernement, et ne risque donc pas de sanction suite aux nombreuses destructions d’emplois liées aux blocages qu’il organise. Par ailleurs, croire que cette supposée désaffection généralisée pour le gouvernement signifierait une adhésion automatique aux actions et décisions du meneur CGTiste est une formidable erreur.
Même constat à la CFDT avec ceux qui veulent radicaliser le mouvement, appeler à la grève générale et veulent rentrer dans une démarche politique.
N’est-ce pas déjà radical d’appeler à une grève reconductible, voire illimitée ? Quand les trains, les transports et La Poste sont bloqués, ce sont les règlements des factures qui n’arrivent pas et mettent les petites entreprises en difficulté, les soumettant notamment aux frais ponctionnés automatiquement par les banques.
N’est-ce pas radical quand dans une TPE qui ne dépasse pas les 4 emplois et lorsqu’un collaborateur qui n’arrive pas à son travail provoque une perte de capacité d’activité de 25% à répartir sur les autres. Et pour quel résultat ?
Monsieur Thibault prétend entendre tous ceux qui ne peuvent pas cumuler un grand nombre de jours de grève. Mais se soucie-t-il seulement de tous ceux que ces grèves « à-qui-mieux-mieux » mettent en péril dès le premier jour ?
Outre les questions de morale, d’éthique, et de responsabilité envers son prochain, ces syndicats remplissent-ils leur rôle ?
Peut-on encore parler de solidarité lorsque ces syndicats se rendent responsables de la destruction de TPE, victimes collatérales des blocages ?
Rien n’est moins sûr. Souvenons-nous l’été dernier, lorsque les centrales salariales bloquaient l’Eurostar entraînant des pertes colossales pour l’exploitant. Est-il dès lors étonnant que l’on voit par la suite Eurostar préférer Siemens à Alstom, puis Alstom annoncer une suppression de 4000 emplois d’ici 2012 ?
Quels choix feront les armateurs qui n’auront pas accès aux ports français ? Depuis 30 ans, Anvers, Rotterdam et Barcelone ont su en profiter au détriment de l’emploi et de l’activité économique en France.
A chaque manifestation, les syndicats espèrent faire mieux que la fois précédente. Avec un score de plus de 10 000 entreprises détruites et 40 000 emplois sacrifiés en 1995, quelle hécatombe nous promettent-ils aujourd’hui ?
Dès lors, qui peut croire aux discours sur une supposée défense de l’intérêt général ?¨

Patrice Roncari

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